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Ce paysage-là, Jean-Luc Meyssonnier le parcourt depuis des années, avec pour seul guide son regard, familier du noir et blanc, comme le silence a sa nuit et son jour. Ce "pays d'en haut ", il aime partir à sa rencontre, explorer sa géographie intime, se repaître de ses moindres rides et découvrir ses traits, comme un visage qui s'arrache à la nuit, qui attend la promesse du jour. De ces vallées, de ce plateau, de l'Ardèche avant Chauvet, de cette Jeune Loire, on y voit le monde d'un blanc tantôt pur ou vaporeux, des noirs somptueux ou parfois crépusculaire, une terre d'ombres, de vibrations, de souffle et de lumière, … on y voit la naissance d’un fleuve : des arbres qui s'ébrouent sous un vent brusque, une eau riche de promesses, des chemins enneigés au fond du ciel qui ramènent le silence et nous parlent du sentiment de durée...
Ce « Là-haut » exerce une étrange fascination pour celui qui veut bien se mettre à son écoute : il est un des rares lieux où les sens sont toujours en éveil … Et comme par magie, ils semblent rejoindre les éléments.
Jean-Luc Meyssonnier nous livre ici la beauté singulière de ce « pays d’en haut », non pas pour qu’il se différencie vainement du reste du monde mais simplement pour qu’il soit pleinement lui-même, comme si le photographe avait un moment soulevé sa peau.