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Les photographies de Meyssonnier s’obstinent à cadrer ce qui n’apparaît ni ne se (re)présente. Et leur silence têtu réveille en nous une Parole oubliée, dont la pierre est, peut-être, la langue, lourde d’un temps qui ne se déploie pas, et légère... Si légère. Elle est le pli, le cri, le creux, le corps fugitif et l’image rêvée. Sans grammaire, sans lexique. Affirmation, là, de ce que l’être peut être pour qui sait s’ouvrir à la plénitude du vide. Oui, parler la langue de la pierre, dire l’éternel dans l’instant, tout l’espace et toute la mémoire résumés en deux griffures, notre destin signé dans une ombre aperçue... Peut-être.
Peut-être faut-il admettre que la pierre, la brisure et la trace ne sont pas seulement ce que notre regard perçoit, mais qu’ils sont ce regard même.
Peut-être faut-il se persuader que les photographies de Meyssonnier ne sont pas des photographies.
Peut-être faut-il se suffire de l’idée que c’est nous qui sommes ses photographies. Figées et fragmentaires. Fugaces et évanescentes. Provisoires et oubliables.
Jacques Roux